La Kinésiologie : le praticien face au complexe de dieu

« En ces temps d’imposture universelle,
dire la vérité est un acte révolutionnaire. »
George Orwell

La kinésiologie est une méthode utile car elle stimule les ressources internes d’une personne éprouvant des difficultés passagères ou chroniques non diagnostiquées ou si elles le sont, ces dernières sont persistantes dans leurs symptômes sur le plan médical.

Aller consulter un kinésiologue ne fait pas l’objet d’une prescription médicale et s’envisage, le cas échéant, en complémentarité de la médecine conventionnelle. La technique et la méthode sont sans danger.

La vigilance doit être alors dans le choix de la personne qui utilise cette technique : le kinésiologue. Cet appel à la vigilance vaut également pour sa formation, pour devenir un professionnel de la kinésiologie et plus tard, pour son exercice.
Ainsi, si l’intitulé de certaines formations peut donner l’illusion d’une formation à consonance thérapeutique, au bout du compte c’est un leurre.

Aucun kinésiologue sérieux et adhérent du SNK ne prendra le risque charlatanesque de présenter la kinésiologie comme une thérapie dans son acceptation médicale.
Le kinésiologue se conforme ainsi à la loi qui stipule que seul un médecin peut poser un diagnostic et prescrire un traitement.
En effet, rien ne doit être entrepris par un kinésiologue qui entrave la liberté de choix et d’actions de ses clients en vue d’améliorer leur équilibre sur tous les plans que recouvre la santé.

Aucun diplôme dans la pratique de la kinésiologie, ne peut, malgré son intitulé privé, donner l’illusion qu’il s’agit d’une profession médicale ou reconnue par les pouvoirs publics. Aucun centre de formation ne peut se targuer d’être une « marque » de fabrique ou reconnue comme étant la norme en kinésiologie.
Comme dans tout courant de pratique, chaque école de pensée prêche pour sa paroisse et prétend que sa méthode est la meilleure… Il est plus juste de penser que chaque méthode a lancé une façon de pratiquer et qu’elle est enrichie par une autre et ainsi de suite. Il n’a jamais été prouvé que telle ou telle méthode soit meilleure qu’une autre.
En revanche, c’est grâce à cet enrichissement, garant d’une ouverture et d’une contribution collective que la kinésiologie est en constante évolution ; qu’elle reste une technique dynamique, en avance sur son temps et apte à s’appuyer sur les grandes découvertes des neurosciences ou de l’épigénétique. Prétendre à une antériorité de la méthode serait s’approprier un contenu basé sur du vivant.
Or, qui peut prétendre à s’approprier le vivant et les règles de fonctionnement qui le régissent ?

Qu’est-il important de garder en veille ?
Au delà de la technique en elle-même, quelque soit le processus utilisé in fine, il semble plus judicieux de dire qu’il est plus important de choisir la personne, à savoir le professionnel, que son label de formation ou sa méthode prétendument « meilleure ».

Tous les vrais professionnels acceptant de se confronter à la réalité du monde au travers des yeux de leurs clients font preuve d’humilité. Ils savent qu’ils ne sauvent personne, tout comme leur méthode.

La vigilance est de rigueur face aux kinésiologues, formateurs en kinésiologie ou centres de formation, et par extension à toutes pratiques confondues, qui vous donnent l’impression de se sentir en position de « toute-puissance » vis à vis de vous !

A ce propos, connaissez-vous le complexe de Dieu ?

« le complexe de Dieu (God complex) est un terme non-clinique généralement utilisé pour décrire une personne qui croit qu’il peut accomplir plus que ce qui est humainement possible et que son opinion est automatiquement supérieure à celle de ceux qui  sont en désaccord avec lui, ici ses clients, ses confrères ou les élèves en formation.
L’individu peut croire qu’il ou elle est au-dessus des règles de la société ou communément admise dans une profession et devrait bénéficier de  considérations spéciales ou de privilèges. »

Il peut être proche du Trouble de la Personnalité Narcissique  qui est défini par le Manuel  diagnostique et statistique des troubles mentaux (le système de classification de diagnostic utilisé aux États-Unis et largement accepté en Europe), comme un modèle dominant de mégalomanie, d’un besoin d’être admiré et d’un manque d’empathie.

Il semble qu’il existe également un lien entre ce complexe et ce qui est nommé comme l’« illusion de la toute-puissance » qui n’est pas à confondre avec le fait de détenir du « pouvoir » même si les deux  peuvent s’associer entre eux.

Ainsi, tout un chacun peut manifester ce complexe dès lors qu’il n’est pas prêt à remettre en question ses convictions face à une nouvelle situation. Alors, c’est comme si chacun de nous avait cette capacité à  penser qu’il est le seul à savoir comment le monde marche. Un monde qui devient chaque jour plus  complexe et plus interdépendant.

Le complexe de Dieu est attrayant parce qu’il donne le sentiment de pouvoir simplifier le monde et d’en donner une image objective, simple à comprendre pour tous, claire et définitive.

Or, admettre que nous n’avons pas la solution ultime dès le départ est une des choses les plus difficiles qui soit.

Cela revient à reconnaître que personne n’est infaillible.  Et on peut imaginer combien il est difficile pour de nombreuses personnes de considérer leur faillibilité alors qu’elles sont, en principe, celles qui savent (ce qu’on appelle les « supposés sachant »).

Cela revient également à reconnaître qu’il est nécessaire de laisser du temps à une solution pour  émerger, qu’aucune solution immédiate n’est à portée de main.

Cela nécessite une honnêteté intellectuelle sans faille et un courage phénoménal, lorsqu’on est élu à une tache ou une fonction, expérimenté dans un domaine, ici la kinésiologie, pour savoir dire « je ne sais pas … encore ou peut être que je ne saurais jamais ».

Quelle que soit sa place, le véritable « leadership » ou accompagnement est là : dans la capacité à dire « je ne sais pas … encore » et à oser essayer quelque chose, sans savoir si cela fonctionnera, ou pas ; et dans la capacité de se laisser voir dans cette vulnérabilité et dans cette incertitude parfois.

Le complexe de Dieu, c’est le complexe de la toute puissance.  Alors que la méthode de l’essai/erreur, c’est le pouvoir d’agir.

Cela semble être du bon sens.  Cependant, dans le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui, combien de ceux qui sont en position de pouvoir sont effectivement capables de remettre en question leurs certitudes et de s’ajuster pour trouver la solution qui réponde le mieux à une problématique individuelle ou collective ?

Le pouvoir absolu et la supériorité dont croit disposer la personne peut la conduire à la folie, de la simple manipulation passant par l’emprise mentale et physique allant jusqu’à l’abus sous toutes ses formes et atteindre l’intégrité de la personne.

C’est pourquoi il faut vous méfier des praticiens, encore une fois, quelles que soient l’appellation ou la technique utilisée, qui pensent avoir nécessairement raison, qui ne vous écoutent pas assez ou font preuve de condescendance ou encore dirigent ce que vous avez à entendre, comprendre ou enfin à faire.

Le professionnalisme doit être étroitement lié à l’humilité, conjugué à l’écoute pleine et entière du client. La kinésiologie, puisqu’il n’existe aucune preuve scientifique qu’elle « guérisse » les maux « intérieurs », se base avant tout sur le fait de :

  • se poser,
  • de regarder son intériorité, se comprendre,
  • d’exprimer ses émotions, de les contextualiser,
  • d’écouter la résonance corporelle, psychologique, vitalité ou énergétique.

Ce qui revient à prendre soin de la personne dans son Etre.

Cela, pour que le client transforme cette réalité émotionnelle, cette résonance en une création libre consistant à se réapproprier sa capacité de choisir, d’être autonome, responsable individuellement et en tant que citoyen de l’humanité.

Le kinésiologue n’est pas celui qui sait ; il est celui qui accompagne, qui se tient aux côtés de son client dans le respect d’une sécurité et d’une intégrité POUR le client porteur de cet être perpétuellement en devenir.

C’est pour cette raison, qui est l’écueil de tout praticien qui est dans la relation d’aide ou qui forme à le devenir, que le SNK encourage vivement ce niveau de professionnalisme en communiquant à ses adhérents la nécessité d’être « supervisé »,de « suivi » par la technique de leur choix dans leur pratique professionnelle.

Le Syndicat National des Kinésiologues

 

 

 

Publié dans Actualités