Supervision ou Pratique d’analyse professionnelle ?

 

Nous entendons souvent parler de supervision ou d’analyse de pratique professionnelle mais que signifient réellement ces termes, qu’impliquent-ils et en quoi concernent-ils le kinésiologue ?

 

Cet article, sans être exhaustif, vous permettra d’y voir un peu plus clair et en finalité d’en comprendre l’importance et la nécessité pour le professionnel que nous sommes et voulons rester.

LA SUPERVISION

Pour la définir simplement, elle est un espace proposé au kinésiologue afin qu’il puisse réfléchir sur ce qu’il met en jeu en tant que personne dans une séance et dans sa pratique quotidienne auprès de ses consultants.

Elle concerne donc toute personne, sans distinction, ayant une pratique de la relation d’aide, de l’accompagnement, de l’enseignement ou de la formation.

En termes « psychologiques », on pourrait dire aussi qu’elle est un espace où le professionnel va analyser les phénomènes de transfert et de contre-transfert dans le cadre de son activité professionnelle.
A titre d’information, nous rappelons que le transfert est un mécanisme par lequel un consultant, au cours de la séance, reporte sur le kinésiologue les sentiments d’affection ou d’hostilité qu’il a éprouvé.

La supervision va donc aider les professionnels en situation potentielle ou avérée de souffrance parce que confrontés à la souffrance de leurs propres consultants, qu’elle soit ou non en résonance avec leur propre histoire.

Il est de mise dans de nombreuses pratiques de relation d’aide, dans de nombreux groupements de psycho praticiens (écoles, syndicats) de considérer que tout praticien doit obligatoirement être suivi en supervision.
Pour l’heure, quant à lui, le SNK laisse à chaque praticien décider comment il assure le contrôle de sa pratique pourvu qu’il mette réellement un dispositif en place quant à sa PRATIQUE.

Que l’on soit dans « récent » ou  « ancien » dans sa pratique, il est indispensable de pouvoir bénéficier d’une supervision pour progresser et travailler dans la sérénité.

La supervision relève du face à face. C’est une prestation professionnelle ; elle est et se doit d’être payante. L’acte de paiement libérant le praticien de son superviseur et inversement comme dans toute relation d’aide.

L’ANALYSE DE PRATIQUE PROFESSIONNELLE

Par opposition à la supervision, l’analyse de pratique professionnelle concerne la personne au travers du groupe constitué à la réflexion de l’aspect professionnel ; elle porte donc sur les actes et les gestes que le kinésiologue va poser dans le cadre de sa pratique.

L’analyse de pratique se situe donc sur deux plans :

– l’éclairage sur les pratiques et leurs  » conséquences  » pour les consultants,
– l’aide à la théorisation de la pratique.

La participation est très souhaitable dans la mesure où il s’agit de réfléchir sur les actes professionnels et sur leurs pratiques..
L’analyse des pratiques est donc un espace ressource, à partir d’une pratique quotidienne, qui capitalise l’expérience en la reliant à des concepts théoriques. Elle peut également avoir un objectif plus ambitieux qui est de développer la capacité du kinésiologue à échanger, à se questionner, à réfléchir sur sa pratique : dans ce sens on peut parler d’analyse de pratique didactique.

Elle donc est un lieu d’élaboration de la pensée et création d’un collectif de travail sur l’acte professionnel.

L’Analyse de Pratique Professionnelle contribue à optimiser votre qualité professionnelle :

  • élargir son pouvoir d’agir,
  • prendre de la hauteur,
  • être davantage à l’aise,
  • se distancier,
  • gagner en puissance professionnelle,
  • accroître sa qualité professionnelle,
  • changer ses pratiques professionnelles,
  • avancer dans un processus de professionnalisation.

Analyser la pratique professionnelle : c’est exposer des scènes vécues, raconter des situations et en tirer des enseignements utiles pour d’autres situations.

Quel intérêt à travailler en collectif ?
On a besoin de se mettre à plusieurs pour explorer la situation exposée :

  • Parce qu’elle fait écho à ce que les autres ont vécu,
  • Parce que l’on ne réagit pas pareillement les uns, les autres,
  • Parce que l’on n’a pas les mêmes références : expériences ou savoirs,
  • Cela s’appelle « problématiser » la situation : envisager d’autres façons de faire,
  • Le travail de la situation transforme les cas particuliers en un objet d’apprentissage dont chacun peut s’emparer pour son propre usage.

Que doit – on en attendre ?

  • Des idées pour faire autrement,
  • Sortir de son isolement : on appartient à un collectif de travail,
  • Pour pourvoir convoquer d’autres références que les miennes, en usage dans le groupe,
  • Pour mettre des mots sur les ingéniosités, les habiletés, les gestes professionnels : les compétences,
  • Trouver de l’aise professionnelle, fluidifier son identité professionnelle,
  • Éprouver la reconnaissance professionnelle dans la mise en débat du métier,
  • Énoncer un repère pour agir dans une situation similaire.

Quel est rôle de l’animateur ?

  • Poser le cadre de l’Analyse des Pratiques Professionnelles et le rappeler si nécessaire
  • Faciliter l’exposition des scènes vécues et l’explicitation des gestes professionnels : écoute, confiance, bienveillance, contenance, confidentialité,
  • Relancer : pousser à explorer les possibles,
  • Être présent en tant que tiers pour accompagner le groupe dans son propre cheminement,
  • Favoriser la problématisation collective des situations étudiées,
  • Explorer les références utiles à la compréhension de la narration, et disponibles dans le groupe ou apportées par l’animateur,
  • Relever l’essentiel pour le groupe dans ce qui est dit,
  • Faire valider par le groupe les repères pour agir.

    Résultat de recherche d'images pour "attention logo"  NE PAS CONFONDRE SUPERVISION ET ANALYSE DES PRATIQUES 

A partir de notre expérience et au travers de nombreux échanges entre kinésiologues, il apparaît souvent une difficulté chez les professionnels de distinguer et de faire la différence entre un espace de supervision et un espace d’analyse des pratiques.

Le professionnel quand il expose une situation qui le met en difficulté s’exprime souvent sur les deux registres :
– registre personnel, ce qu’il a mis en jeu,
– registre professionnel, les actes qu’il a posés.

Selon les besoins ou les souhaits, il reviendra « à l’animateur » de savoir reformuler de façon différentielle ce qui concerne la personne et ce qui concerne sa pratique car spontanément il y a tendance à mélanger les niveaux professionnel et personnel et l’interaction entre les deux est quasi permanente.

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